Qui veut la peau des mutualités ?

Soins de santé :

Solidarité vs Marchandisation

Depuis des mois, les mutualités sont la cible d’attaques virulentes. En point d’orgue de celles-ci : leur laxisme supposé dans la gestion du retour au travail des malades de longue durée. Pression politique, pression médiatique… Alors que le ministre de la Santé vient de divulguer son plan de réforme des mutualités, on peut légitimement s’interroger sur les enjeux qui se cachent derrière cette stratégie. Entre souhait de recadrement et (pour certains) volonté de faire disparaitre ces institutions historiques, c’est la survie de notre modèle social solidaire qui est en jeu ! 

Les mutualités sous pression :

le contexte

Depuis le début de sa législature, l’Arizona a une vision très négative des mutualités. Ces derniers mois, on a entendu beaucoup de choses à leur sujet : privilèges fiscaux, trésor caché, concurrence déloyales vis-à-vis des assurance privées… La dernière attaque sur leur supposé laxisme dans la gestion du retour au travail des malades de longue durée est la plus violente.

Cette campagne de désinformation a pour but d’affaiblir les mutualités en remettant entre autres, en cause leur légitimité en tant que gestionnaire de l’assurance maladie invalidité.

C’est donc dans ce contexte tendu que le ministre de la Santé a présenté en mai dernier, son projet de pacte de réforme des mutualités. Celui-ci,  concocté en solo contraindrait les mutuelles à faire des économies supplémentaires à hauteur de 100 millions.

Mais que dit

ce pacte ?

Le ministre de la santé veut transformer le fonctionnement des mutualités en fixant un cadre plus strict. Son plan de réforme porte sur deux volets :

La réorganisation comprend plusieurs points :

  • Le regroupement des antennes provinciales et uniformisation des avantages et services.
  • L’accélération de la digitalisation et de l’innovation.
  • Un encadrement plus strict des assurances complémentaires et des assurances facultatives (hospitalisation, dentaires...). Les avantages seraient limités aux seuls objectifs santé fixés par l’Inami. 

Actuellement une partie du financement de l’Etat est variable et soumise à certains critères. L’avant-projet du ministre prévoit d’augmenter cette partie variable qui passerait de 20% à 42%.

Une part beaucoup plus importante du financement dépendra des résultats. En clair, plus une mutualité atteindra ses objectifs, plus  à elle recevra de moyens.

Ceux-ci seraient mesurables selon plusieurs indicateurs comme : l’implication des mutualités dans la couverture vaccinale, leur participation à des programmes de dépistage ou encore de meilleures utilisations des médicaments… mais aussi et surtout le retour au travail des malades de longue durée qui s’accompagnerait de sanctions financières en cas d’objectif non atteint.

Place à la concertation

la concertation

Le Pacte de réforme du ministre Frank Vandenbroucke ouvre un débat important sur l’avenir des mutualités. Il est important de souligner qu’il s’agit d’un avant-projet qui doit être débattu avec les institutions concernées, les mutualités.

Solidaris a affirmé sa volonté de participer aux discussions de manière constructive et dans un esprit d’ouverture mais sans renier ses balises : accessibilité aux soins, accompagnement des affiliés et solidarité.

Car pour nous, le risque est réel : le cadre strict dans lequel le ministre veut faire évoluer les mutualités tend à faire de celles-ci des machines administratives qui comptent et qui contrôlent au mieux de protéger.

En restreignant l’action des mutualités, en affaiblissant leur capacité d’innovation et en vidant l’assurance complémentaire de sa substance, on fragilise un modèle qui a pourtant fait ses preuves. Réduire le rôle des mutualités, c’est aussi tourner le dos à leur engagement historique dans l’économie sociale et à leur proximité avec les besoins réels des affiliés.

Deux visions qui s’opposent :

Solidarité VS Privatisation

La vision du ministre tend vers un modèle centralisé et un contrôle accru de l’Etat, celle, plus radicale, de certains partis du gouvernement pose, elle, un véritable choix de société. Car derrière les attaques répétées contre les mutualités, on assiste à une remise en question de notre modèle social.

Le gouvernement Arizona impose sa vision ultra-libérale dans les soins de santé : concertation sociale en berne, logique d’austérité, diminution des protections collectives et hausse des responsabilités individuelles… on glisse clairement vers un modèle de marchandisation de la santé. Un modèle qui ouvre les portes aux assurances privées seulement accessibles aux plus aisés et soumises au seul profit.

Face à cette dérive, Solidaris oppose une vision radicalement différente. Une vision où la santé n’est pas une marchandise, mais un droit fondamental, où la solidarité prime sur le profit ; où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Nous nous battrons pour préserver et renforcer ce modèle solidaire. Parce qu’au-delà des réformes techniques, c’est bien un choix de société qui se joue.

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