Les soins de santé sont-ils vraiment accessibles à toutes et tous en Belgique ? L’étude de Solidaris sur le report de soins (2025) montre que les personnes en situation de précarité renoncent encore à des soins pour des raisons financières. Dans ce contexte, le statut BIM constitue un outil essentiel pour réduire les inégalités d’accès aux soins. Pourtant, de nombreuses personnes qui y ont droit n’en bénéficient toujours pas. Entre idées reçues, complexité administrative et débats sur certains abus, une réforme est annoncée. Pour Solidaris, elle doit reposer sur deux principes : simplifier l’accès aux droits et renforcer la justice fiscale.
Le statut de Bénéficiaire de l’Intervention Majorée (BIM) permet d’obtenir un remboursement plus important des soins de santé ainsi que certains avantages sociaux. Concrètement, il réduit le coût restant à charge pour les consultations, les médicaments ou les hospitalisations.
Aujourd’hui, il peut être accordé de trois façons : automatiquement pour certains bénéficiaires d’allocations sociales, après une analyse des revenus du ménage, ou encore, depuis 2024, via des procédures d’octroi automatique pour certaines catégories de personnes isolées. Le BIM n’est pas une faveur accordée par les mutualités : c’est un droit lorsque les conditions légales sont remplies.
Le débat public se focalise souvent sur les cas d’abus. Pourtant, l’enjeu principal reste le non-recours. Selon une étude du KCE, près d’une personne sur trois exposée au risque de pauvreté ne bénéficie pas du statut BIM alors qu’elle y a droit. Cette situation favorise le report ou l’abandon de soins, avec des conséquences importantes sur la santé.
L’automatisation progressive de l’octroi a permis d’améliorer la situation et explique en grande partie l’augmentation récente du nombre de bénéficiaires. Cette hausse traduit avant tout une meilleure ouverture des droits, mais aussi une précarité croissante au sein de la population.
L’image du « BIM roulant en Porsche » revient régulièrement dans le débat médiatique. Les contrôles de l’Inami montrent pourtant que l’immense majorité des dossiers sont conformes et que le système fonctionne globalement bien. Il existe néanmoins certaines situations où des personnes disposant d’un patrimoine important peuvent accéder légalement au statut parce que certaines richesses restent peu visibles dans les données utilisées pour vérifier les revenus.
Pour Solidaris, la réponse n’est pas de compliquer l’accès au BIM mais d’améliorer la prise en compte de certaines formes de patrimoine et de revenus. Cela passe notamment par davantage de transparence sur les grandes fortunes (cadastre des patrimoines) et par une fiscalité plus juste.
Le statut BIM demeure un levier indispensable pour garantir l’accès aux soins des personnes les plus fragilisées. Pour Solidaris, toute réforme doit poursuivre un double objectif : permettre à celles et ceux qui y ont droit d’y accéder plus facilement, tout en renforçant l’équité grâce à une meilleure prise en compte des patrimoines réels.
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