La santé des femmes

échappe encore aux radars

Et si votre corps était lu avec le mauvais mode d’emploi ? C’est souvent ce que ressentent les femmes. Beaucoup ressortent d’un rendez-vous médical avec l’impression que leurs douleurs n’ont pas été prises au sérieux ou que leurs symptômes ont été mal compris. Rien d’étonnant puisque la médecine a longtemps été pensée au masculin. Résultat ? Des diagnostics retardés, des prises en charge incomplètes ou inadaptées et… beaucoup de frustration.

Un système pensé au masculin

Pendant des années, la science a pris le corps masculin comme modèle par défaut, comme si les hommes représentaient « l’être humain standard ». Autrement dit, nous nous sommes longtemps basés sur des données partielles, voire biaisées, pour comprendre comment les maladies se manifestent et comment les traitements agissent chez les femmes.

Heureusement, la situation évolue… mais ce n’est pas encore parfait. Les femmes restent encore sous analysées dans certains domaines de recherche, ce qui ne permet pas de garantir des résultats fiables pour les 2 sexes. Et même quand elles sont incluses, les résultats ne sont pas toujours analysés séparément selon le sexe. On passe donc à côté de différences biologiques importantes, que ce soit dans les symptômes ou dans la façon dont un médicament agit.

Des conséquences concrètes

Ce système pensé au masculin implique des risques pour les femmes…

Un exemple parlant ? L’infarctus. On nous a longtemps dit que le signal d’alerte typique était une forte douleur dans la poitrine qui irradie dans le bras gauche. Alors oui, chez les hommes, c’est bien le cas… mais pour beaucoup de femmes, ça ne se passe pas comme ça. L’infarctus chez une femme peut se manifester par un malaise, une fatigue intense, un essoufflement… des signes qui peuvent facilement passer à la trappe par manque d’information.

Découvrez notre article : Les femmes en pole position face aux maladies cardiovasculaires : pourquoi ?

Découvrez notre article : Pourquoi les traitements médicamenteux sont moins adaptés aux femmes ?

Quand les représentations sociales s’en mêlent…

Malheureusement, le problème ne vient pas que de la recherche. Les douleurs des femmes, qu’elles soient chroniques, pelviennes ou encore menstruelles, sont souvent trop vite attribuées à des causes psychologiques. Pourtant, ces douleurs devraient davantage être prises au sérieux.

À cela s’ajoutent des tabous encore bien présents autour des règles, de la sexualité, de la ménopause… Par gêne, par peur d’être jugées ou parce qu’on nous a appris à penser que “c’est normal”, certaines femmes hésitent ou tardent à consulter. Mais retarder une consultation, un examen ou un dépistage, c’est prendre le risque d’avoir une mauvaise surprise et de ne plus pouvoir réagir.

Découvrez notre article : Règles : comment le tabou nuit à la santé

Autre cas de plus en plus connu : l’endométriose. Selon l’OMS, cette maladie chronique toucherait environ 1 femme sur 10 en âge de procréer, à savoir 190 millions de personnes à l’échelle mondiale. Pourtant, il faut souvent des années pour être diagnostiquée, généralement parce que les douleurs des femmes sont banalisées ou mal reconnues.

Les médicaments sont aussi concernés. Les femmes subissent 2 fois plus d’effets indésirables liés aux médicaments que les hommes et, dans 90% des cas, ils sont plus graves (1). En partie parce que leur corps n’absorbe, ne transforme et n’élimine pas les substances exactement de la même manière.

On prend les choses en main…

La bonne nouvelle, c’est qu’on en parle de plus en plus et que les choses tendent à changer. Des discussions s’amorcent pour que la recherche intègre enfin les femmes de manière plus juste, que les essais cliniques analysent les résultats séparément selon le sexe, et que les professionnels soient formés à reconnaître des symptômes parfois différents.

Mais ces changements prennent du temps. En attendant, des petits gestes concrets peuvent être faits par les femmes pour mieux comprendre leur santé et être mieux entendues :

Noter ses symptômes : fréquence, intensité, ce qui les déclenche et les soulage… cela peut aider les professionnels de santé à mieux comprendre ce qu’il se passe.

Poser des questions claires : «qu’est-ce qui pourrait expliquer ça ?», «quels examens sont possibles ?», «que se passe-t-il si on attend un peu ?»

Ne pas hésiter à demander un deuxième avis en cas de doute.

S’informer sur les spécificités liées au sexe : cycle menstruel, variations hormonales, effets secondaires possibles …

En parler : partager son expérience avec d’autres femmes permet souvent de se rendre compte qu’on n’est pas seules, et que la situation n’est pas normale ou juste dans la tête. Cela permet également de trouver des pistes concrètes (le nom d’un examen ou d’un spécialiste à consulter…), mais aussi de faire bouger les lignes ! Plus on en parle, plus on est visible !

Vous partez déjà ?

Restez en lien avec nous !

Notre magazine digitale vous informe et vous accompagne au quotidien.
Inscrivez-vous pour recevoir un petit rappel lors de chaque nouvelle parution.

C’est simple et gratuit !