De passage en Belgique, Jen Ayache, chanteuse du groupe Superbus, a accepté de répondre aux questions du Solidaris Magazine. Avec beaucoup de franchise, elle revient sur le retour remarqué du groupe sur la scène musicale.
Pourquoi c’était le bon moment pour revenir ?
Ce n’était pas vraiment réfléchi. En plus, on ne s’est jamais vraiment arrêtés complètement : on a continué à faire beaucoup de concerts, on a sorti un EP, on écrivait toujours des chansons… Puis on a fait un gros tri. On a retravaillé certains titres, on en a abandonné d’autres. Ça a pris vachement de temps parce qu’on s’est quand même mis un peu de pression pour faire cet album. On attendait aussi de retrouver une bonne équipe, un label qui avait envie de travailler avec nous. Pour nous, le temps est passé assez vite, mais au final il y a quand même eu presque dix ans entre les deux derniers albums.
Comment avez-vous vécu cette période de « pause » ? Un moment de repos nécessaire, un ressourcement, une remise en question… ?
C’était un peu tout en même temps. Il y a eu des moments assez flous, parfois chaotiques, parce qu’on ne savait pas si on allait finir par le sortir cet album. On s’est posé beaucoup de questions donc ce n’était pas une période hyper agréable tout le temps. Quand on ne sait pas, parfois, on peut aussi se demander si on ne va pas s’arrêter. Mais au final, il y a toujours une petite lumière au bout du tunnel. Et on a fini par retrouver l’énergie pour faire tout ça.
OK KO sonne très actuel tout en restant fidèle à l’identité de Superbus. Comment fait-on pour se renouveler sans perdre son identité ?
C’est justement ça qui est compliqué aussi ! Quand on veut se renouveler, on a tendance à tenter beaucoup de choses qu’on n’a pas encore faites. Donc, c’est vrai que sur certains albums on a testé des choses plus électro, avec des synthés… et à un moment, on s’est peut-être un peu perdus.
Sur ce dernier album, on a choisi de revenir aux sources, à ce qu’on aime vraiment : aller dans un studio de répétition, jouer ensemble, comme un groupe, avec une batterie, une basse… On est retournés en studio de répétition pour travailler les morceaux en live, comme à nos débuts. Et du coup, notre album, on l’a fait comme ça, en allant répéter nos titres en live comme on le faisait au tout début de Superbus. On a même réécouté nos premiers albums pour se souvenir de comment on faisait ! (Rires)
Le single Butterfly, en duo avec Rori, a rencontré beaucoup de succès. Comment l’expliquez-vous ?
C’est un peu inexplicable. Cette chanson a marché très fort il y a 20 ans et là, on la ressort et ça recommence ! Je n’ai vraiment pas d’explication. Après, Rori est une artiste que j’adore. Elle a un côté nonchalant, un peu insolent, et quand j’ai vu ses clips j’ai adoré. On s’est rencontrées lors d’un concert et j’ai tout de suite pensé que sa voix irait très bien sur Butterfly. Du coup, ça s’est fait de manière très naturelle et simple. Peut-être que cette simplicité et cette alchimie se ressentent et que ça plait. Et puis c’est une chanson qui a déjà parlé à beaucoup de gens… et qui peut reparler à d’autres.
On voit aujourd’hui plusieurs générations de fans de Superbus dans le public. Qu’est-ce que ça vous fait ?
C’est hyper touchant. Les premiers fans de Superbus ont grandi, certains ont des enfants aujourd’hui… et ils les emmènent à nos concerts. On voit des enfants au premier rang, avec leur casque sur les oreilles. C’est parfois leur tout premier concert. C’est hyper touchant de se dire qu’ils vont s’en souvenir toute leur vie.
Vous serez à Namur cet été pour le festival Les Solidarités.
Après un retour aussi attendu, comment abordez-vous la scène aujourd’hui ?
On a envie de proposer un show assez conséquent. Avec sept albums, on a une grande liste de chansons, donc on essaie de se faire plaisir tout en faisant plaisir à ceux qui nous aiment bien. Il y a des vidéos, des écrans, des choses interactives… On a essayé de ne pas faire un concert où on joue juste nos titres. Il se passe des choses. Et en festival, c’est encore plus génial parce qu’il faut convaincre des gens qui ne sont pas forcément venus pour nous. C’est un défi à chaque fois. On sent très vite l’énergie du public, et on s’adapte. C’est à la fois un peu stressant et très motivant… mais ça se passe toujours très bien.
Le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes. Vous considérez-vous comme une artiste engagée ?
Pour moi, cette journée c’est tous les jours, pas juste le 8 mars ! Et évidemment, je suis engagée. Parce que je suis une fille dans un groupe composé exclusivement de garçons, dans un milieu qui reste assez masculin, même si les choses évoluent. J’ai aussi écrit des chansons qui parlent à des femmes qui aiment des femmes, donc je me sens forcément engagée même si c’est un mot que je trouve un peu bizarre. Mais oui, à ma manière, j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice. Et les garçons du groupe font les choses de mieux en mieux je trouve ! (Rires)
« Sur cet album, on est revenus à ce qu’on aime vraiment »
Ce site utilise des cookies et vous donne le contrôle sur ce que vous souhaitez activer.
Notre magazine digitale vous informe et vous accompagne au quotidien.
Inscrivez-vous pour recevoir un petit rappel lors de chaque nouvelle parution.
C’est simple et gratuit !