Derrière les comportements

du quotidien

Réactions émotionnelles intenses, sélectivité alimentaire, stress lié aux imprévus… ces comportements, on les associe parfois un peu vite à des caprices ou de la mauvaise volonté. Et si on posait un autre regard sur ces situations du quotidien ?

Solidaris a donné la parole à Alexandra et Géraldine, toutes les deux mamans d’enfants neurodivergents. À travers certains moments de vie, elles nous expliquent ce que les gens ont parfois du mal à percevoir.

Quand un imprévu

peut tout faire basculer

Témoignage d’Alexandra, maman de Matthéis

Un samedi, Alexandra annonce à son fils qu’ils vont chez Intersport pour acheter des chaussures pour son papa. Pas de chance, ils apprennent sur place que le modèle n’est plus disponible. Ils doivent donc se rendre dans un autre magasin.

Pour beaucoup d’enfants, c’est un détail.

« On avait dit Intersport. Aller ailleurs, c’est un changement de plan. Et ce changement peut suffire à faire basculer la sortie. »

Vu de l’extérieur, on pourrait ne pas comprendre ou penser à un caprice. En réalité, il perd ses repères, ce changement peut être vécu comme une rupture soudaine avec ce qu’il avait anticipé.

La famille a donc adapté son fonctionnement :

« On évite de prévenir trop longtemps à l’avance. Avant de partir, on explique où on va, combien de temps, pourquoi. Ça évite les imprévus qui demandent trop de suradaptation. »

À l’école :

là où le décalage se voit le plus

Témoignage de Géraldine, maman d’Alexis

Alexis, 17 ans, est TDAH. Il est sur le point de tripler sa 4e secondaire. Une situation difficile à vivre, mais qui ne dit rien sur sa personnalité ou ses capacités relationnelles, comme nous l’explique sa maman.

« Il est sociable, drôle, apprécié, solaire. Il crée du lien. Il aime le sport. »

Pour Géraldine, ces difficultés ne reflètent pas qui est Alexis :

« Un enfant peut avoir énormément de qualités et être pourtant en grande difficulté dans un système qui exige précisément ce qui lui coûte le plus : rester assis, écouter longtemps, s’organiser, planifier. »

Au quotidien, son fils a besoin d’être accompagné.

« Il bouge, parle beaucoup, fait du bruit. Il a besoin qu’on l’aide à organiser son sac, son travail, ses affaires. Même à son âge. »

Et ce que Géraldine veut faire comprendre, c’est la fatigue du combat :

« Depuis des années, nous devons nous battre avec le système scolaire pour faire comprendre ses difficultés et trouver des solutions adaptées. Et c’est épuisant. »

Ne pas se fier

aux apparences

Les témoignages d’Alexandra et de Géraldine ne reflètent pas toutes les réalités, chaque enfant est différent, chaque famille aussi. Cependant, ils montrent qu’il est parfois facile d’interpréter trop vite un comportement, ou encore que ce qui peut sembler banal pour certains peut représenter un obstacle pour d’autres. Ils rappellent aussi l’importance de regarder au-delà des apparences pour mieux comprendre la réalité de ces familles et la nécessité d’un accompagnement réellement adapté à leurs besoins.

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