La santé des femmes,

aussi une affaire de société

La santé, c’est un tout ! Elle ne se limite pas aux soins médicaux, c’est un état de complet bien-être physique, mental et social… Elle dépend de nombreux facteurs économiques, sociaux… Dès lors, parler de la santé des femmes, c’est aussi s’interroger sur la place des femmes dans la société et la façon dont celle-ci en prend soin… Et là, non plus, ce n’est pas gagné !

La santé c’est un tout !

En Belgique, l’espérance de vie des femmes est plus élevée que celle des hommes. C’est un fait connu… Cependant on oublie souvent de préciser que leur espérance de vie en bonne santé, elle, est plus faible.

Ce n’est plus à démontrer, si les femmes vivent en moyenne plus longtemps, elles sont aussi plus touchées par les maladies chroniques (31,03% contre 27,2 pour les hommes), par les troubles anxieux et dépressifs et par les douleurs musculosquelettiques.  

Ces écarts ne sont pas uniquement liés à des spécificités biologiques, ils s’expliquent également par des facteurs économiques et sociaux. Car la santé ne se limite pas aux soins médicaux, elle est également conditionnée par ce qu’on appelle les déterminants sociaux (logement, revenus, emploi, éducation, alimentation…).
Si la prise en charge médicale n’est pas suffisamment adaptée aux spécificités féminines, il en va de même pour l’organisation de la société essentiellement basée sur le modèle masculin. Un modèle dans lequel les femmes sont plus exposées aux inégalités de santé.

La société prend-elle soin des femmes ?

Prendre soin, les femmes connaissent… au sein de leur famille, mais aussi souvent dans leur métier. Elles sont d’ailleurs sur-représentées dans les métiers du CARE : infirmières, aides-soignantes… les plus pénibles et les moins bien rémunérés. En contrepartie, la société prend-elle bien soin des femmes, de leur bien-être ? Rien n’est moins sûr !

En Belgique, les inégalités entre hommes et femmes restent profondément ancrées dans l’organisation de la société. En tête du peloton, on trouve les inégalités économiques.

Aujourd’hui, les femmes gagnent encore 7 % de moins que les hommes à travail égal, cependant la principale cause de l’écart salarial est le temps partiel féminin. Même si les mentalités changent, aujourd’hui, les tâches ménagères et parentales sont toujours assumées en grande partie par les femmes. Une réalité qui débouche souvent sur des parcours professionnels discontinus, des emplois plus précaires et moins rémunérés et des pensions plus faibles.

Ces différences professionnelles expliquent pourquoi les femmes sont deux fois plus touchées par la précarité que les hommes (28 % contre 13%). Les familles monoparentales – à 80% féminines- comptent parmi les plus exposées au risque de pauvreté.

Or la précarité a un impact direct sur la santé ! Faute de moyens, près d’une femme sur deux renonce à au moins un soin de santé contre un homme sur trois. (Source : Institut Solidaris) Report-de-soins-2024-VF.pdf.

Pour les femmes, c’est la double peine : les inégalités économiques se doublent d’inégalités sanitaires ! Revenus plus faibles, carrières discontinues et charges familiales renforcent un cercle vicieux où la santé devient un luxe.

Quand les réformes fragilisent la santé des femmes

Ces constats alarmants n’ont cependant pas empêché le gouvernement Arizona d’imposer ses réformes des pensions et du chômage, particulièrement défavorables aux femmes.

Entre limitation des allocations et vagues d’exclusions, la réforme du chômage a un impact disproportionné sur les femmes. Temps partiel, secteurs précaires… autant de profils vulnérables susceptibles de basculer vers l’aide sociale… et la précarité.

Côté pensions, les femmes payent aussi le prix fort ! La réforme vise à retarder le départ à la retraite, durcir les conditions de carrière et pénaliser les « carrières incomplètes ». En instaurant un système qui valorise uniquement les années « effectives de travail », elle punit le « travail de soin » principalement féminin (charge familiale, aidant proche…) pourtant essentiel à la bonne marche de la société.

Fragiliser la protection sociale, c’est aussi fragiliser la santé… Ici encore, les femmes en sont les premières victimes !

L’avis de Solidaris

Depuis toujours, Solidaris combat et dénonce toutes formes d’inégalités qu’elles soient sociales, économiques, de genre… Car, pour nous, tout est lié ! Agir sur la santé suppose une approche inclusive et une prise en compte de ses déterminants sociaux. C’est d’autant plus indispensable lorsqu’il s’agit de la santé des femmes.

Au-delà d’une nécessaire prise en charge médicale adaptée aux spécificités féminines, il est également impératif d’intégrer systématiquement celles-ci dans l’élaboration des politiques publiques. Les récentes réformes du gouvernement Arizona instaurées dans une perspective exclusivement budgétaire ne vont malheureusement pas dans ce sens. Elles vont à contre-courant d’une approche « gender mainstreaming » dans laquelle la Belgique est pourtant engagée depuis 2007. Solidaris s’oppose à cette politique qui accroît les inégalités et fragilise les plus vulnérables et tout particulièrement les femmes.  

Pour Solidaris, la santé des femmes est un enjeu majeur, en faire une priorité collective, c’est œuvrer pour une société plus juste, plus solidaire et en meilleure santé.

Vous partez déjà ?

Restez en lien avec nous !

Notre magazine digitale vous informe et vous accompagne au quotidien.
Inscrivez-vous pour recevoir un petit rappel lors de chaque nouvelle parution.

C’est simple et gratuit !